Cuve de récupération d’eau de pluie enterrée : quand envisager les travaux ?

Eau Récupérer l'eau de pluie
Avatar de Damien
8 minutes
Cuve de récupération d’eau de pluie destinée à être enterrée, posée dans un jardin avant l’étude du terrain et de l’accès.

Cuve de récupération d’eau de pluie destinée à être enterrée, posée dans un jardin avant l’étude du terrain et de l’accès.

Enterrer la réserve libère de l’espace visible, mais impose une fouille et un accès d’entretien. L’usage et la faisabilité du terrain comptent davantage qu’un volume de cuve choisi sur catalogue.

En bref

L’essentiel en 30 secondes

  1. Quelques arrosoirs de temps en temps ? Gardez votre façon d’arroser : vous n’avez peut-être rien à acheter. Si une réserve devient utile, examinez d’abord une cuve en surface.
  2. Vous arrosez souvent et manquez de place en surface ? Un devis d’enfouissement devient utile si le terrain se prête à la fouille. Mesurez le toit raccordable et vos besoins avant de choisir un volume.
  3. Différez la fouille tant que le sol, la nappe ou les réseaux restent mal connus. Faites de même si les charges de circulation éventuelles, la destination permise du trop-plein ou les droits nécessaires restent indéterminés. Faites examiner l’emplacement et la notice de la cuve avant toute commande.

Quel besoin justifierait une cuve enterrée ?

Vous arrosez ponctuellement avec quelques arrosoirs ? Pour ce rythme d’arrosage, garder votre équipement évite une dépense. Pour limiter les prélèvements, vous pouvez aussi choisir un paillage adapté au jardin. Si vous manquez d’eau à portée de main, une réserve en surface près de la descente évite le chantier. La descente choisie doit se prêter à la pose d’un collecteur de gouttière.

Notez la surface de toiture qui alimente réellement la descente choisie. Relevez aussi la pluie locale et l’eau utilisée pendant l’arrosage. Un millimètre de pluie représente un litre tombé par mètre carré. Ce volume précède les pertes et le débordement. Relevez vos prélèvements sur une période utile pour choisir ensuite une capacité. Un volume de catalogue ne décrit pas votre réserve disponible.

Si vous arrosez régulièrement, étudiez l’enfouissement lorsque la place manque près de la gouttière. Vérifiez où vous puiserez l’eau. Une grande capacité n’est utile que si le toit l’alimente et si vos usages la vident au bon moment. Le projet comprend la collecte, la distribution et l’entretien, même quand la cuve disparaît sous terre.

Le terrain permet-il la fouille ?

Dessinez l’emplacement de la cuve, du trajet des tuyaux, du passage des engins et de l’accès futur au stockage. Montrez ce plan à une entreprise compétente en terrassement et en récupération d’eau. Faites confronter le sol, la présence éventuelle d’une nappe, la profondeur de fouille et la notice du modèle envisagé. Si des véhicules roulent au-dessus, faites contrôler la résistance du réservoir, du couvercle et du remblai pour cette charge. Un doute sur la nappe, le sol ou la résistance sous circulation suffit à différer la fouille à cet endroit.

  • Si des réseaux traversent la zone, consultez le guichet unique des réseaux avec l’emprise des travaux. Déterminez avec l’entreprise qui porte les démarches DT et DICT et quelles réponses des exploitants conditionnent la fouille. Sur terrain privé, faites aussi vérifier les conditions d’une éventuelle dispense de DT ou de DICT.
  • Si vous louez ou partagez la parcelle, vérifiez le bail ou le règlement de copropriété. Vérifiez aussi les droits sur le jardin, le toit et la descente. Demandez l’accord nécessaire avant de modifier le sol ou les équipements communs.
  • Si le sol est humide, instable ou soumis au passage de véhicules, faites examiner l’implantation et la notice exacte par le professionnel. Différez la commande tant que la pose et la résistance ne sont pas établies.

Montrez au service d’urbanisme de la mairie le tracé de la fouille et la position des ouvrages. Demandez-lui de vérifier le PLU, les servitudes et les formalités propres à cette parcelle. Ne commandez pas les travaux tant que la réponse et vos droits sur le terrain restent en suspens.

Où ira l’eau de la cuve, y compris quand elle déborde ?

Pour l’usage domestique visé ici, partez d’une toiture inaccessible hors entretien, dont la couverture n’est ni en amiante ni en plomb. La couverture qui reçoit la pluie détermine la ressource utilisable, même avec un stockage sous terre. Le réservoir reste couvert et sécurisé. La collecte comporte une filtration avant stockage, et le trop-plein doit être protégé contre l’entrée d’insectes et de petits animaux. L’exception vise le seul réservoir complètement enterré d’un système alimenté uniquement en eaux brutes. Ce réservoir est dispensé des exigences d’accessibilité, de contrôle de son étanchéité et de nettoyabilité. Le système doit aussi avoir au moins une vanne pour la purge et la vidange complète.

Le service des eaux pluviales précise la destination du trop-plein. Vérifiez avec lui le règlement local, une éventuelle infiltration sur la parcelle et les droits sur l’exutoire. La purge se fait en évacuant l’eau vers la collecte des eaux usées, puis en renouvelant l’eau du système. Lors de la vidange, il faut pouvoir évacuer toute l’eau du système, cuve comprise. La pose d’une conduite ne vaut pas autorisation de raccordement : faites valider l’exutoire permis pour ce montage avant de chiffrer les conduites. Le devis doit laisser accessibles les équipements qui demandent un entretien, selon la notice de la cuve.

Pour remplir un arrosoir, placez d’abord le point de puisage à portée. Un tuyau long ou des arroseurs changent le besoin de distribution. Pour évaluer l’intérêt d’une pompe de récupération d’eau de pluie, faites relever la hauteur de relevage et le trajet des conduites. Les points de puisage fixent le débit et la pression nécessaires. Demandez que les tuyaux, l’alimentation électrique éventuelle et l’entretien figurent au devis.

Pour le seul arrosage extérieur, la déclaration préalable du dispositif intérieur ne s’applique pas. Une autre règle concerne les personnes tenues de se raccorder au réseau d’assainissement et qui s’alimentent, même en partie, à une source hors service public. Pour une cuve dédiée au jardin, demandez à la mairie si cet arrosage entre dans ce cas. Si oui, déclarez cette alimentation. Sans eaux usées collectées issues de cet arrosage, l’eau de la cuve n’ajoute pas de volume à la part variable de la redevance. Une éventuelle part fixe de l’assainissement reste distincte.

Que prévoir si la cuve alimente des WC ?

Alimenter les WC crée un circuit intérieur à étudier séparément de l’arrosage. Vous utilisez uniquement de l’eau de pluie brute pour arroser ou évacuer les excrétas ? Aucune procédure sanitaire au titre du code de la santé publique n’est prévue pour ces usages. Les critères de qualité de l’annexe II ne s’appliquent pas à ces usages de l’eau brute seule. La conception, la vérification technique et l’entretien restent requis. Le circuit de pluie demeure en permanence isolé du réseau potable. Un appoint en eau potable exige une disconnexion permanente par surverse totale et garde d’air visible, complète et libre.

Avant d’utiliser l’eau de pluie pour les WC d’un logement alimenté par un réseau d’eau potable, déclarez le dispositif au maire. Pour ce logement, indiquez son adresse et l’évaluation du volume de pluie utilisé dedans. Demandez à la mairie son formulaire éventuel avant de finaliser le devis. Si le bâtiment est tenu au raccordement au réseau d’assainissement et reçoit de l’eau hors service public, déclarez aussi cette alimentation à la mairie. Si cet usage rejette des eaux usées dans le réseau de collecte, demandez au service comment la redevance est établie. Pour le montage des WC, consultez les vérifications propres aux toilettes alimentées en eau de pluie. Avant la première circulation de pluie vers les WC, le propriétaire examine la conception avec l’installateur. Ensemble, ils vérifient que le circuit fonctionne et recherchent les fuites.

Combien comparer avant de décider ?

Demandez un devis pour une réserve en surface. Pour l’option enterrée, comparez plusieurs devis complets. Faites détailler cuve, fouille, déblais, remblai, collecte et conduites. Indiquez au professionnel où vous prélèverez l’eau. Faites inscrire une pompe au devis seulement si le circuit l’exige. Le devis précise sa hauteur de relevage, le trajet des conduites, le débit et la pression requis. Faites chiffrer l’alimentation électrique et l’entretien de la pompe, si elle sert. Le devis inclut le trajet du trop-plein et le dispositif de purge et de vidange. Faites confirmer les conditions de rejet avant de retenir un exutoire pour le montage réel. Ajoutez les dépenses d’usage et de maintenance propres au montage proposé. Comparez des périmètres identiques plutôt que le seul prix des réservoirs.

Le coût et le volume à retenir dépendent de votre jardin et du montage proposé. La mairie peut vous dire si une aide ou une distribution locale de récupérateurs existe. Si l’arrosoir répond déjà au besoin, gardez votre argent. Si la réserve hors sol suffit, réservez l’enfouissement à un projet dont le terrain et l’usage justifient réellement les travaux.

Notre guide

L’essentiel du sujet en un seul endroit : comprendre, comparer les solutions et savoir par où commencer.

Utiliser l’eau de pluie pour la maison : par où commencer ?